Depuis une dizaine d'années, la loi oblige les propriétaires à faire diagnostiquer par des professionnels les biens qu'ils proposent sur le marché immobilier. Amiante, plomb, performance énergétique... pas moins de six expertises sont désormais requises avant de pouvoir céder maison ou appartement.
La logique derrière cette inflation réglementaire est louable: il s'agit de protéger les acquéreurs tout en créant des emplois. Il n'empêche, l'incompétence et les abus de certains diagnostiqueurs continuent d'être dénoncés par les associations de consommateurs. Les pouvoirs publics se sont certes déjà emparés du dossier. Un décret de novembre 2007 rend désormais obligatoire la certification des diagnostiqueurs. Mais, si l'on en croit une étude publiée avant l'été par l'UFC-Que choisir, cette mesure est loin d'avoir assaini la profession.
Après avoir soumis les mêmes biens à l'examen de plusieurs diagnostiqueurs, l'association de consommateurs a pointé des écarts de résultats alarmants. Des estimations du coût de consommation énergétique qui varient du simple au double, des tarifs qui diffèrent de 42% pour la même prestation, des plaques d'amiante non détectées... Ces insuffisances sont d'autant plus choquantes qu'elles concernent des expertises cruciales, tant pour la santé que pour le portefeuille des acquéreurs. Enfin, l'enquête révèle - un comble - que certaines sociétés jouent à la fois le rôle de diagnostiqueur et celui de certificateur !
En attendant que la profession soit définitivement assainie, mieux vaut donc redoubler de prudence.