Retour à l'actualité du diagnostic immobilier
Article de presse

Le diagnostic énergétique n'a aucune influence sur l'achat immobilier

En dépit des engagements des professionnels de l'immobilier, pris en mai 2008, à peine 1 % des annonces indiquent la performance énergétique des logements à vendre ou louer, selon une enquête de la Fédération française de l'Internet immobilier, révélée par le site Universimmo.

Les propriétaires qui mettent un logement en vente ou en location doivent, depuis le 1er novembre 2006 dans le premier cas et depuis le 1er juillet 2007 dans le second, fournir à l'acheteur ou au locataire un diagnostic dit de performance énergétique (DPE), qui les informe sur les consommations d'énergies du bien. Le document, établi par un professionnel certifié, indique une consommation théorique d'énergie primaire (c'est-à-dire la consommation finale plus les pertes), exprimée en kilowattheures (kWh) par mètre carré et par an. Le logement est alors noté en conséquence, dans l'une des sept catégories : de A, la plus économe avec moins de 50 kWh/m² par an, à G, la plus dispendieuse, avec plus de 450 kWh/m² par an.

Une autre note est attribuée au logement selon la quantité de gaz à effet de serre qu'il émet, avec une étiquette climat elle aussi échelonnée de A, moins de 5 kg équivalent CO² par m2 et par an, à G, plus de 80 kg équivalent CO² par m² et par an.

Dans le contexte d'inflation immobilière qui a prévalu jusqu'à fin 2007, le résultat des DPE n'influençait nullement la décision d'acheter ou de louer et n'avait aucune influence sur les prix. Un sondage de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), réalisé en août 2007, montrait que pour 93 % des notaires et 63 % des agents immobiliers, cette notation n'avait que peu d'importance dans la négociation.

Pour sensibiliser le plus en amont possible les candidats à l'achat ou à la location et renforcer le poids du DPE dans leur choix, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, avait, le 19 mai 2008, signé une convention avec six syndicats immobiliers, dont la Fnaim et la CNAB, de grands réseaux d'agences (Century 21, Era, Laforêt, Orpi...) et la Fédération française de l'Internet immobilier. Cette dernière réunit des grands portails d'annonces, comme Explorimmo, A Vendre A Louer, Se Loger et LogicImmo. Avec cette convention, tous ces acteurs s'engageaient à insérer dans leurs annonces, dans les journaux et sur les sites, les notes des étiquettes énergétique et climatique.

Un an plus tard, le résultat est plus que décevant. Le marché immobilier s'est pourtant détendu depuis quelques mois, rendant le contexte plus propice à ce que cette notation devienne un élément de différenciation des logements entre eux.

MAUVAISES NOTES

Des enquêtes menées depuis la mise en application du DPE montrent, en outre, que les logements français sont mal notés. Selon une étude du groupe Particulier à particulier, réalisée entre le 1er mai et le 31 août 2008, deux tiers des logements ne méritent pas mieux que les notes E (34 % des diagnostics analysés), F (20 %) ou G (12 %). Sans surprise, les logements construits entre 1955 et 1974, soit avant la première réglementation thermique, sont majoritairement notés G. Plus grave : aucun appartement n'est classé A ou B, et seuls 8 % des biens diagnostiqués récoltent un C.

Les maisons individuelles s'en sortent cependant plutôt mieux que les appartements, car elles sont plus facilement isolables par leurs propriétaires. Le chauffage collectif est, lui, pénalisé dans la mesure où les chaudières sont souvent surdimensionnées. Enfin, les logements en location consomment, en moyenne, 10 % d'énergie de plus que ceux en vente.

Une des raisons de la réticence actuelle des agents immobiliers et des propriétaires à afficher les performances des logements est de ne pas faire fuir les acheteurs ou les locataires potentiels, déjà rares. Une solution serait peut-être de rendre cette information obligatoire, ce qui simplifierait la tâche des professionnels et aiderait l'ensemble du secteur à remplir les objectifs fixés lors du Grenelle de l'environnement.

Un marché convoité par 5 000 professionnels

Le nombre d'acteurs

Avec 746 400 transactions en 2008, dont 669 000 dans l'ancien et 79 400 dans le neuf, ainsi que 1,3 million de locations conclues dans le privé, les diagnostics constituent un véritable marché. Quelque 5 000 professionnels du diagnostic thermique sont certifiés par dix organismes.

Consommation

La consommation moyenne d'énergie d'un logement est de 240 kWh par m² et par an, correspondant à la note E.

Validité

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est valable dix ans. L'état relatif à la présence de termites est valable pour une courte durée de six mois.

Date : 25/05/2009
Source : lemonde.fr
Lien article complet : cliquez ici
NAVIGATION
Vous pouvez cliquer sur un des liens ci-dessous pour afficher les articles concernés par le thème indiqué
Les dernières actualités Les actualités de la vente Les actualités de la location Toutes les actualités Les actualités par diagnostic :